La bible pare-balle

La bible pare-balle
L'appel aux volontaires vibre à travers toute la sainte terre des Etats-Unis. Le héros (qui est ici un soldat), fidèle à son devoir, enfile son uniforme, accroche ses galons, embrasse sa femme, ses fils, ses filles, la sainte vierge, son père réscapé de la guerre mondiale, la tombe de sa mère, ses amis, ses beaux parents, son chien et son chat, son poisson rouge, les voisins de tout le quartier, le facteur, le laitier, le marchand de glaces, le chauffeur du bus scolaire, le curé du coin, l'inspecteur des impôts, le contrôleur des P.V., et j'en passe... Le tout bien sûr au ralenti et à grands renforts de sanglots et de narines dégoulinantes.

Alor
s que notre héros est sur le point de prendre la route, sa femme en peignoir court en l'appelant, et va se coller contre la vitre de sa voiture comme une sorte de mouche à ventouses... Le mari ouvre la vitre.
-Tiens, prends, mon chéri! Cela te portera bonheur! Et Dieu te bénisse!
-M
erci, femme, rentrez vous occuper du repas de ce soir.
L
a femme a refilé à son mari un porte-bonheur ridicule qui se transmet dans sa famille de génération en génération. Une fois sur deux, c'est une Holy Bible. Le héros garde ce présent tout près de son coeur, se disant au fond de lui:"Qu'elle est conne quand-même cette Gilberte!"

Bon, accélérons. Après moult péripéties au BBQ de Viêt-namien, il vient un moment où le héros se prend une balle du méchant, en plein coeur! Le méchant en question ne tarde pas à mourir discrètement dans d'atroces souffrances, mais le gentil est vraiment mal en point! Tous les seconds rôles s'attroupent autour de lui, se mettant à hurler à la mort. Mais soudain, le héros rouvre les yeux en toussotant! D'une main fébrile, il porte la main à son coeur, sous son treillis, et en sort... the Holy Bilble! Avec une balle de la taille d'un iceberg plantée en plein dedans, encore fumante! Le héros est sain et sauf!

Et v
oilà l'utilité d'une bible dans un film de l'Oncle Sam. Parcequ'à part ca, le héros ne la lit pas beaucoup. Même si elle fait 2 milimètres cube, on peut être sûr qu'un vaillant soldat devient invincible avec ce petit livre sur lui. Où que se soit, ce sera toujours là ou portera le seul tir bien visé du méchant! Que de symbolisme!



Lulu

# Posté le dimanche 05 février 2006 18:28

Modifié le samedi 07 juillet 2007 03:08

Ah! Les suites!

Ah! Les suites!
La tomate tueuse, l'attaque de la tomate tueuse, le retour de la tomate tueuse, la tomate tueuse II, le fils de la tomate tueuse, la tomate tueuse revient, la tomate tueuse VS Godzilla, la tomate tueuse: rédemption, la tomate tueuse à St Tropez, la tomate tueuse mission commando, la tomate tueuse III... Et y'a aussi la série TV, le jeu vidéo, la BD et la marmite de raclette à son effigie.

Il y a fort, fort longtemps, dans les années 60, on innovait et on sortait des nouveaux films, avec de nouvelles idées. Même les navets, comme l'était la tomate à l'époque, contribuaient encore à l'édition du cinéma d'aujourd'hui. Puis quand on a eu bien tout innové, les producteurs ont commencé à tourner en rond: "Que faire? Le monstre du manoir des Mc Murry, c'est fait, la bête de la forêt Strozenberg, c'est fait, la tomate tueuse, c'est fait, la momie, c'est fait, les phantômes, c'est fait, les vampires, les zombies, les petits hommes verts, c'est fait! Ben merde alors!"

Alors que l'industrie du 7ème art commencait à s'essoufler, un producteur génial a trouvé la solution: "Et si on les reprenait et qu'on les refesait, mais en encore plus nul et mal fait?". Les cinématologues avaient inventé... la suite! Aussitôt, une pluie de suites a innondé les salles de cinéma! Et PAF! Ca a fait de gros navet que tout le monde va voir encore aujourd'hui! Les films innovants sont en voie de disparition, la palme est réservée au scénario le plus débile, la mise en scène la plus mal foutue, les acteurs les plus nuls, le plus grand nombre de clichés, et surtout, le plus gros chiffre au box-office!




Lulu

# Posté le lundi 06 février 2006 17:27

Modifié le mardi 26 juin 2007 05:00

Ce n'est que le chat

Ce n'est que le chat
Souvenez-vous... les plombs avaient sauté, et nos jeunes et inconscients aventuriers s'étaient emparés d'une lampe torche. Ils descendaient en file indienne dans un sombre et étroit couloir quand soudain, l'héroine qui est tout à l'arrière entend un bruit étrange. Elle se retourne et scrute le fond du couloir... rien. Il lui semblait bien pourtant avoir entendu quelquechose. Oubliant cela, elle reprend sa route... Mais... où sont les autres??? Ils ont disparu!!! Kent? Sandy? Où êtes-vous? Répondez! Rien... l'héroine est désormais seule. Ca lui apprendra à avoir des amis passe-muraille et sourds comme des pots...

L
a jeune fille se met en route, tremblante comme un flamby à bord d'un 4X4. Elle débouche au hasard dans une pièce dérobée. Elle éclaire les alentours avec sa torche. Chaînes cliquetantes, instruments de torture rouillés, squelettes poussiéreux, organes multiples conservés dans des bocaux de formol... oh putain! La jeune fille aimerait quitter les lieux, mais ce n'est pas prévu dans le scénario (car oui, il y en a un), aussi elle avance.
Soudain, un nouveau bruit, tout proche! L'héroine hurle, court, s'emmèle dans les chaînes cliquetantes, se blesse avec les instruments de torture rouillés, tombe dans les bras d'un squelette poussiéreux, renverse sur elle des organes multiples, hurle encore... Haletante, remise de ses émotions, elle éclaire d'une lueur tremblante l'origine du son. Ca se rapproche... c'est tout près... c'est là!!!

Ce n'est que le chat. Ouf. Un vulgaire matou semblant avoir pris goût aux environnements glauques et terrifiants, qui était à l'origine de ce bruit atroce (qui était, soi dit en passant, un mélange de succion de sang, de gargouillis de boyaux, de râle de lépreux et de chanson de Claude-Francois). Décidément, je savait les chats blagueurs mais là, ils sont vraiment lourds.



Lulu

# Posté le jeudi 09 février 2006 16:22

Modifié le mardi 26 juin 2007 05:00

Cordon bleu (Label pourravia 2006)

Cordon bleu (Label pourravia 2006)
Bien que le gouvernement outre-atlantique démente énergiquement, je peux aujourd'hui apporter la preuve que l'entraînement de la police des USA, particulièrement celle d'Hollywood, est fondamentalement à revoir... Ici, dans notre joyeux pays de bouseux qu'est la France, nous pouvons nous enorgueillir d'avoir sur notre territoire une armée de bleus capables de coller un PV aux plus vicieux des conducteurs, qui s'amusent à passer trop vite quand il viennent juste de finir les litres de rouge, même si ces petits drôles étaient à 51km/h au lieu de 50...

Alors que du
côté de nos amis américains, même lorsqu'une poursuite entre amis dégénère et que les deux (ou trois ou quinze) voitures commencent à sortir le RPG qui avait été gardé pour le pique-nique au frais, à côté des cuisses de poulets et du fromage, et à se tirer dessus à près de 280 km/h en urbain, en éraflant quelque peu les voitures alentours, on ne voit même pas une petite voiture « NYPD » poindre à l'horizon... Ou alors le gros policier qui est au volant est en train de manger un magnifique donut et ne veut pas interrompre ce moment de pur bonheur pour arrêter ce menu fretin...

Idem pour le
s cordons de police autour des lieux d'un accident, les héros de film doivent dégager une aura perceptible par les policiers seulement, qui ne peuvent s'empêcher de laisser passer le héros pour qu'il puisse aller s'apitoyer sur la carcasse encore fumante de la jambe déchiquetée de feu son épouse (qu'il n'a jamais trompé)... Alors qu'il suffit de voir en France avec quel professionnalisme la police arrive à empêcher une manifestation entière d'avancer... Le résultat, bien que difficilement soutenable pour des âmes sensibles, est surprenant...
Et voi
là comment je peux démontrer que la police de la Star Spangled Banner est totalement incompétente...

J.B.

# Posté le mercredi 15 février 2006 07:06

Modifié le mardi 26 juin 2007 05:00

Sur un (très) grand pont

Sur un (très) grand pont
Un pont (en général), un camion, un compteur de vitesse qui affiche toujours 250 km/h, un gentil, une musique de gros gros gros barbare, un méchant, beaucoup d'effets spéciaux, des petits explosifs (roquette, bombe C4, missile anti-char, bombe atomique, classique quoi) et des hélicos ou des avions (facultatif mais ça fait toujours plus balèze et ça permet de montrer que les américains eh ben c'est les plus forts) et voilà vous avez les ingrédients les plus importants pour faire un des clichés les plus spectaculaires du cinéma... Après les ingrédients, la recette :

- Montrer
un magnifique grand angle du pont (pour bien montrer qu'entre la chaussée et la terre ferme en dessous y doit bien y avoir 50 à 60 km de vide)
- B
alancer la musique (bien fort, pour bien faire chier les voisins et vérifier que l'alarme de la voiture se déclenche bien pour un rien)
- Faire pa
sser le camion à fond sur le pont
- Faire un gr
os plan sur le compteur qui affiche 250 km/h ( Comme ça on montre bien que le conducteur c'est pas une merde)
- Faire une
belle vue de l'intérieur de la benne du camion et y mettre en même temps le méchant et le genti
-
Les faire se taper sur la gueule pendant environ 5 min (en incluant dans la bande-son des cris de douleur bien placés)
-
Penser à tourner la caméra de temps en temps
- S
ortir la caméra et l'éloigner rapidement du camion
- Faire arriver la cav
alerie par l'arrière du camion (si vous avez choisi de prendre l'option hélicos ou avions, les faire arriver au niveau du camion un moment puis les faire dépasser et les faire disparaître à l'horizon. Sinon, si le budget que vous a accordé le producteur ne vous le permet pas, se référer au bas de l'article)
- Reno
uveler l'opération du pétage de gueule en prenant bien soin de montrer le désespoir du méchant
-
Faire arriver le camion là où la cavalerie attend, puis faire alors exploser le pont quelques mètres avant le poids lourd et faire freiner ce dernier
- Le faire arriver a
u point où le pont est détruit et le placer en parfait équilibre

C'est t
out allez vous me dire ? Oui car le reste ne dépends pas de vous... Maintenant que le camion est en équilibre entre la chaussée et 60 km de vide et de rochers pointus, il va se passer une chose à laquelle vous ne pourrez absolument rien changer !!!

Les deux protago
nistes, pour sauver leur peau et échapper à une mort certaine vont... Se sauter dessus et s'entretuer, le tout sans penser à sortir une seule fois du camion, qui, qui plus est, tangue à faire vomir le plus aguerri des marins, et transporte 1.5 tonnes de nitroglycérine. Une fois que le méchant est mort, le camion se décide à glisser puis à tomber et le gentil se rattrape in extremis à une barre constituant l'armature du pont (la construction du pont étant trop récente, il vous faudra oublier les défenses de mammouth fossilisées, pourtant si pittoresques), remonte, remercie dieu, jésus et marie, appelle sa femme, lui dit qu'il l'aime, appelle l'état major, lui dit que la menace est éradiquée puis rentre chez lui, en héros humble et fuyant les récompenses qu'on lui propose... Grande classe !!!

JB

# Posté le mercredi 15 février 2006 09:07

Modifié le mardi 26 juin 2007 05:00