Le père ingrat

Le père ingrat
Le père ingrat est une espèce peu rare dans le milieu des love story ou des polars (dans lesquels il est le suspect numéro 1). Celui-ci, généralement d'apparence effrayante et de forte carrure, ainsi que muni d'une barbe de trois jours, détient un très sale caractère et une philosophie de vie légèrement bourrine. Rien ne semble l'affecter vraiment. Autant de raisons qui font que souvent un père ingrat est divorcé car vivre avec un individu pareil c'est vrai que ça doit être invivable. Le père ingrat est très volage et possède pas mal de maîtresses, et ses nombreux coups lui vaudront l'honneur d'animer la traditionnelle scène de cul du film.
Deux types d'apparitions possibles pour ce personnage:

Les films triiiistes: Il repoussera sans cesse son enfant, soit disant indigne de lui, ses maîtresses lui prenant trop de temps. Blasé, le gamin tentera à tout prix de gagner l'admiration de son père, lequel la lui refusera de manière permanente, même lorsque son fils lui ramène "la médaille d'honneur des collectionneurs de la boule soissonnaise". Finalement le fiston meurt, renversé par une migration de lemmings et le père devient alcoolo. Quand à la mère elle se barre avec la copine de son mari ingrat.

Les polars: Le père ingrat est souvent soupçonné en cas de mort violente de la mère, son ex femme donc. On dira toujours que tout est sa faute parce que de toute façon c'est un gros salaud et que personne ne l'aime. Il passera donc une bonne partie de son temps d'apparition avec deux gorilles du SWAT dans une pièce de 2m sur 2.5 (voir notre article consacré à l'interrogatoire), pour que le public sache finalement que ce n'était pas lui mais un livreur de pizza sociopathe qui passait par là. Le père sera relâché avec les plus plates excuses du commissaire local et deux ou trois sparadraps. Débarrassé de son abrutie de femme, il pourra former son fils aux dures activités de l'homme: Manger Macdo tous les jours, regarder le foot à la télé, boire de la bière et roter comme un vrai mec. Tout est bien qui finit bien, youpi!!!

Mais plus sérieusement, qu'est ce que c'est que cette vision des pères de familles que l'on nous procure, là, à croire qu'ils sont tous les mêmes ? Messieurs les réalisateurs, même si votre enfance a été difficile, un peu moins d'étroitesse d'esprit, voyons...


Jérem'

# Posté le mercredi 20 septembre 2006 16:05

Modifié le mardi 26 juin 2007 05:00

La scène de Q

La scène de Q
Personne n'en parle, à croire qu'on en voit jamais, et pourtant elle y est!!! Chaque film en a au moins une, voire plus. Vous le savez, ne mentez pas petits coquins, la scène de cul est choquante parfois mais elle a souvent pour effet de combler les passages inintéressants (ou qui auraient du l'être) du film. Mais attention ! C'est presque toujours le héros qui l'accomplira, jamais personne d'autre (sauf exception). Selon les moeurs, voici ce que vous aurez comme chance d'apercevoir:

Moeurs hollywoodiennes: Le héros embrasse la fille, l'allonge sur le lit, sa main remonte lentement sa robe, lui est torse nu. Image coupée, nous sommes le lendemain. Nos héros se réveillent avec la tête dans le cul, mais néanmoins une coiffure nickel

Moeurs sous-entendantes: Le héros emmène la fille dans une piaule et ferme la porte. Laisser place à l'imagination.

Moeurs catholiques: Jamais avant le mariage, voyons!!!

Moeurs légèrement relâchées: Les protagonistes sont sur la fin quand ils sont filmés. Lorsqu'ils s'arrêtent, ils s'emparent chacun d'un morceau de couverture et vous pourrez admirer le torse velu du héros ainsi que les épaules nues de sa compagne.

Moeurs relâchées: Si vous êtes observateurs, vous pourrez apercevoir un sein, si ce dernier n'est pas crypté. Si c'est le cas, contentez vous de celui du héros.

Moeurs très relâchées: Vous pouvez admirer clairement les personnages à l'oeuvre, ainsi que tous les détails qui vont avec. Que c'est mâââgnifique !

Moeurs
très très très très relâchées:
Censuré

Avertissement: si vous regardez un film dont la scène de cul dure 1 h 30, c'est ce qu'on appelle dans le jargon un porno.
Notre conseil: Envoyez les enfants au pieu et faites venir bobonne (mon dieu que je suis grossier).

Jérem'
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# Posté le jeudi 28 septembre 2006 05:38

Modifié le mardi 26 juin 2007 05:00

Il est juste derrière moi...

Il est juste derrière moi...
Un peu d'histoire maintenant, au sujet d'un cliché appartenant à la catégorie des comédies : le fameux gag de la langue de pute prise la main dans le sac. Ou du moins c'est ce que ce cliché était autrefois, lorsqu'il faisait ses débuts. Cela se déroulait à peu près de cette manière :

Un p
ersonnage quelconque, enfin de préférence le second rôle, s'exprime face à un ou plusieurs quelconque(s) autre(s) personnages(s), au sujet d'un quelconque dernier personnage, qu'il déteste profondément : « Un vrai salopard, un sous-être obsolète, un pauvre communiste analphabète et autiste avec une couille à la place du cerveau et rien du tout à la place des couilles, une vieille raclure de fond de slip de grand-mère avec des hémorroïdes, un lépreux putride qui se nourrit avec sa propre fange, un foutu mélange de purin et de liquide séminal, un... »

Enfin bref, il continue dans sa lancée, face à son auditoire dont soudain l'expression se transcende en une mimique ébaubie fixant le vague, juste derrière le monologuiste. Ce dernier dit, innocemment « Quoi ? J'ai une tache ? ». C'est alors qu'on se rend compte que la raclure de fond de slip de grand-mère en question se trouve juste derrière la langue de pute, et semble quelque peu désappointée de connaître les petits noms qu'on lui donne. Je vous laisse deviner la suite...

D
onc, à force d'usage et d'abusage, ce gag est devenu un cliché incontournable. Les producteurs voulant renouveler l'humour ont alors eu une idée : jouer, pour une fois, sur l'autodérision, et enseigner exceptionnellement au second rôle les rudiments des gags typiques de la comédie. Ceci donna par la suite un gag de gag, un cliché de cliché, que voici :

« ...un
sale petit bouton d'acné dégoulinant, une selle desséchée rongée par la vermine, un drosophile puant et inutile, une insignifiante rognure d'ongle d'homme de néandertal souffrant de démangeaisons anales, je prend son père, sa mère, ses frères et ses s½urs et je les sodomise avec un bâton, un misérable clochard transsexuel brésilien eunuque, un... »

Un
e fois de plus, le casseur se rend compte de l'expression décomposée de ses amis. Et là, il se rappelle d'un clichécurrent dans les films comiques, en l'occurrence ceux dans lesquels il a l'habitude de jouer. Ce cliché même qu'il est en train de vivre, c'est-à-dire le coup de « la langue de pute prise la main dans le sac ». Autrement dit, il est dans la merde. Néanmoins, obéissant à son devoir d'éternel déconneur, notre ami anticipe le coup, essayant de paraître original et émouvant, et prenant lui-même une tête de bibliothécaire constipé, lance la réplique qui résume de nos jours ce nouveau cliché de cliché : « Il est juste derrière moi... »

C'est tou
t de suite plus drôle.

Lulu
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# Posté le mercredi 22 novembre 2006 09:08

Baiser tue

Baiser tue
Avez-vous remarqué à quel point, finalement, les films de serial killer étaient moralistes, voire sévèrement catholiques ? Les slasher movies, mettant toujours en scène une bande de joyeux fêtards que nous décrirons dans plus de détails une autre fois, vise logiquement un public jeune... Et le message délivré est le suivant, plein de sagesse et de sauvegarde : « Les enfant, le sexe avant le mariage, c'est mal ! » Cela ne vous dit rien ? Un célèbre slasher, par autodérision, le dit lui-même pourtant... Je vais vous éclairer avec l'histoire de la charmante petite étudiante rose. Ecoutez.

Il ét
ait une fois, une petite étudiante rose qui vivait très heureuse chez sa maman et son papa. Elle était blonde, souriante, et c'était la leadeuse de l'équipe de pom pom girls du lycée. Un beau jour, elle fut invitée à une fête qui avait lieu dans le voisinage, organisée par le second rôle (ici en l'occurrence Timmy). Notre amie eut très envie d'y aller, car Jason, le plus beau et le plus fort des membres de l'équipe de football du lycée, y venait aussi. Et la petite étudiante rose avait un grand rêve, celui de se faire brutalement dépuceller par ce dernier. Demandant gentiment à ses parents (totalement irresponsables, et qui passaient leur temps à s'engueuler et à fumer des joints), elle fut autorisée à y aller. Elle enfila alors sa minijupe préférée, oublia de mettre une culotte, et se mit en route ainsi, un petit panier de bières sous le bras.

En
chemin, elle rencontra... le grand méchant rabat-joie de service ! Bouh ! Qu'il était laid, et lourd, avec ses boutons et ses lunettes !
-Attvenf
ffion ! -prévint-il, ayant un léger cheveu sur la langue- Ne fas pfas à fettve fête, pfetite étvudiantve roche ! Tvu rifques de tv'y faire dvépfufe... dvéfpu... pfffrrrt ! Fioler, et alors le ferial kfiller tve tvuera !
-Peuh ! -Répli
qua la petite étudiante rose- C'est même pas vrai d'abord ! T'as trop vu de films bizarres avec des serial killers et des nymphes toutes nues ! Je me fais fioler si je veux, d'abord !
-Pfas
afant le mariache, idviotfe ! En attfendant, tfu pveux touchours faire comme moi ! -Proposa l'autre en exhibant les belles taches sur son pantalon.
-Nan ! Fiche
moi la paix, monsieur Pipi-au-lit !

Le
grand méchant rabat-joie de service, détestant qu'on l'appelle Pipi-au-lit, s'enfuit en pleurant, et la petite étudiante rose arriva à la maison de Jimmy toute de PQ recouverte. Toc toc. « File la bibinette et entrer-ette tu pourra ». Wah ! C'était la grosse teuf à l'intérieur ! Et puis Jason était là ! La petite étudiante rose, lui offrant son panier de bière et faisant ses lacets en lui tournant le dos, se fit suivre par son nouvel ami dans les toilettes. 30 secondes plus tard, ils ressortirent tout rouges, le mec fier d'avoir tenu si longtemps et allant rejoindre ses copains admiratifs, et la fille, incrédule, qui croyait que quand on faisait ça on devait sentir quelque chose.

Un peu plus t
ard dans la soirée, la petite étudiante rose, recouverte de chantilly et terminant un joint composé à partir de la queue du chat, se leva en titubant et dit : « Je vais chercher une bière (burp), je reviens tout de suite ! » Erreur fatale ! Il ne faut jamais dire « je reviens tout de suite », ça porte malheur ! Notre héroïne quitta la fête pour descendre dans la cave. QUAND SOUDAIN... ah non, ce n'était que le chat (qui cherchait où avait bien pu passer sa queue). Notre amie, rassurée, ouvrit le frigo, et y choppa une bière. « Où est le décapsuleur ? » dit-elle à haute voix. A peine eut-elle le temps de finir sa phrase que le serial killer apparut derrière elle, la prit par les cheveux, et lui décapsula la tête avec un décapsuleur géant.

Moralité
de cette histoire : BAISER TUE
Lulu
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# Posté le mercredi 22 novembre 2006 10:04

Ce que laissent les morts derrière eux

Ce que laissent les morts derrière eux
Notre bien aimé héros, ici monsieur tout le monde, cadre, frêle et chétif, apparemment incapable de survivre à un accident d'av... oups ! Pardon, j'ai rien dit. Le héros, donc, est tranquillement en train de lire son journal, dans un avion pour partir en vacance. Quelques places devant, sa femme et ses enfants sont sagement assis. Il regrette de ne pas être à côté d'eux, mais ne s'en fait pas plus que ça, car il prend souvent l'avion et sait que les chances pour qu'un pélican à cette altitude, ayant tantôt avalé un pinceau, un artichaut et une poupée Barbie, passe dans l'un des réacteurs, et pour que le pinceau se coince dans les rayons de l'hélice, et propulse par l'effet de levier la poupée Barbie dans l'axe des pales, que cette poupée s'y emmêle les cheveux, et ralentisse suffisamment la rotation pour que l'artichaut arrive à l'intérieur du système non pas en bouillie mais en tranches, et puisse alors être assez dense pour bloquer les roues dentées, sont infimes.

Le
héros, rassuré par ces pensées, lit paisiblement, un léger sourire aux lèvres... QUAND SOUDAIN ! Un pélican passe malencontreusement à travers l'un des réacteurs... On ne saura jamais comment, mais à cause de cela le réacteur se bloque puis explose, enflammant l'aile qui ne tarde pas à se décrocher, emportant dans sa chute une partie de la coque de l'habitacle, qui laissant un trou béant aspire un à un sièges, bagages et passagers. Des lumières rouges clignotent dans tous les sens, l'avion tremble, les gens hurlent. Le héros, cramponné à son siège, serre les dents mais n'en contrôle pas ses sphincters pour autant. C'est alors qu'il voit dangereusement approcher de l'avion une île déserte sur laquelle il vont s'écraser à une allure folle... L'impact est imminent !... Plus qu'une seconde pour se repentir !... LE SOL !... Et là, c'est le trou noir...

Le
héros, tout décoiffé, en sueur, se réveille en sursaut, poussant un cri apeuré. Ouf ! Ce n'était qu'un mauvais rêve. Déjà apaisé, notre ami se tourne vers sa gauche pour voir s'il n'a pas réveillé sa femme. Mais quelle n'est pas sa surprise quand il découvre à la place un parfait inconnu dont la cervelle sort par les trous de nez. Pensant s'être simplement trompé de côté, il regarde alors à sa droite, mais un second inconnu y est installé, quelques vertèbres émergeant du sommet de son crâne... Tout ceci est bizarre. Reprenant ses esprits, il se rend compte qu'il n'est ni en pyjama, ni dans son lit, mais en tenue d'extérieur, assis sur un siège. Regardant autour de lui, il remarque que sur les côtés, devant, derrière, partout il y a d'autres sièges tous occupés par des gens plus ou moins morts. Se levant, il réalise qu'il est en fait à bord d'une carcasse fumante d'avion écrasé, en plein milieu d'une île déserte.

« Ma femme ! Mes
enfants ! » Le héros, paniqué, bouscule sans cérémonie ses voisins, à la recherche de sa famille. Il cherche, cherche, puis subitement son regard se fige sur un point dans le hors-champ. Son visage pâlit, et lui qui n'était pas perturbé par tous les morceaux d'os et de boyaux étalés un peu partout, est soudain anéanti par la vision de la bague de mariage de sa femme, de la balle de base-ball porte bonheur de son fils et du dessin que sa petite fille avait fait pour lui.

Pour
quoi trouve-t-il miraculeusement ces objets symboliques, alors que tout atour les cadavres de figurants sont tous montrés à nu et à vif ? Pour ne pas choquer, les amis, car si le héros découvrait plutôt un bout de jambe calcinée ou une mâchoire inférieure édentée, vous fondriez en larmes, croyez-moi. C'est, ça, la règle d'or du grand cinéma : l'abstraction ; montrer le moins possible pour faire voir le plus.

Plus ta
rd, se promenant sur l'île, le héros découvrira, dans les restes d'un réacteur, un bout de patte symbolique de pélican...

Lulu

# Posté le samedi 25 novembre 2006 08:24

Modifié le mardi 26 juin 2007 05:00