Mais ce qui rend cet accessoire parfaitement démoniaque, c'est le fait que pour contrôler le missile, les machines à café, les portes blindées, les tourelles laser et l'écran plasma, la télécommande ne comporte que trois boutons. Un petit bleu à droite, un moyen blanc à gauche et un gros rouge au milieu. Sachant que le tiers de cette interface (en l'occurrence le gros bouton rouge) sert uniquement au lancement du missile nucléaire.
Mais patatras ! Voilà que le héros sortant d'on ne sait où vient interrompre notre exposé et se jette sur le méchant qui laisse tomber son jouet. Pif ! Paf ! Pouf ! Baston ! Entre deux droites bien placées, chaque protagoniste tente de saisir le précieux objet, et à chaque fois se fait rattraper par l'autre. Mais finalement, voilà-t-y pas que le méchant mord traîtreusement les couilles de son adversaire et parvient à saisir son bijou.
Observez la maîtrise et le doigté incontestables de notre ennemi : en appuyant sur deux boutons, il parvient à programmer toutes les tourelles laser de la pièce sur le code génétique du gentil. Aussitôt, ça tire dans tous les coins, et le héros doit se réfugier derrière... un truc qu'en général on sait pas trop à quoi ça sert à part se mettre à couvert. « Mwuhuhuhohar ! » S'esclaffe évidemment le vilain pas beau, qui reporte toute son attention sur son joujou.
Il approche doucement son doigt du gros bouton rouge. Heureusement, ce dernier est à l'antimatière, aussi le héros a du temps devant lui. N'écoutant que son instinct, il retire sa chaussure et la lance dans la direction du psychopathe. Elle tourbillonne et frappe la main de l'autre, qui laisse alors choir la télécommande juste dans le fond de l'objet qui, continuant sa course, effectue un large cercle et revient dans la paume du héros autrefois champion de boomerang. « NOOOOOONNNNN !!!! » Hurle le méchant, désespéré.
Saisissant l'accessoire, le gentil ne perd pas de temps et appuie sur... trois boutons. On peut le féliciter de réussir du premier coup à programmer les lasers sur l'ADN du méchant, sachant que notre ami touche cette télécommande pour la première fois de sa vie. Quand au méchant, on peut également le féliciter d'avoir pensé à inclure dans sa télécommande une option permettant de régler les lasers sur lui-même, s'étant certainement dit : «Allez, mettons une option pour me zigouiller. Qui sait, ça pourra peut-être un jour servir... »
Que n'avait-il pas raison ! Dans un flash fulgurant, l'ennemi de la patrie se retrouve avec 30 kilos en moins, et s'effondre comme une sculpture en apéricubes. Le gentil n'aura plus qu'à appuyer sur quatre boutons pour annuler le programme de lancement du missile et déclencher la procédure d'autodestruction de la base secrète. On arrête pas le progrès !
Lulu




