L'instinct de l'aventurier

L'instinct de l'aventurier
Analysons quelques comportements insolites des héros dans un film d'aventures, lors de leur progression dans le temple perdu de Kazarkapak:

A : L'énigme : Les héros, pour entrer dans le temple, doivent ouvrir une porte protégée par une énigme ancestrale. S'ils répondent juste, la porte s'ouvre, s'ils répondent faux, des scarabées géants viennent les dévorer tout crus... Le vieil explorateur de service est le seul capable de déchiffrer les hiéroglyphes racontant la devinette. D'un air grave et solennel, il la prononce : « J'ai 7 pattes dont 2 qui n'en sont pas, je pèse 80°c de haut et je fait penser à quelque chose qui me ressemble... quand suis-je ??? » Les autres personnages se mettent à trifouiller ferme dans leur cerveau, pensent trouver, se disputent, laissent tomber, puis au bout de quelques heures, le héros hurle soudain : « ORANGE FLUO !!! » Et la porte s'ouvre... allez savoir comment un type avec si peu de Q.I. est parvenu à résoudre une telle énigme... C'est une énigme...

B : Le monstre : A un moment, les héros se débrouillent toujours pour être poursuivis par une espèce de dragon fou furieux de 15 mètres de haut. Nous sommes toujours dans le temple. Et quel est le comportement instinctif des personnages pour semer la bête ? Emprunter les passages les plus larges et dégagés possibles afin de lui permettre de progresser aisément, ce au lieu d'aller se faufiler dans un couloir étroit dans lequel elle ne pourrait même pas passer le petit doigt...

C : La boule : Variante de la course poursuite avec le monstre, sauf que c'est une énorme boule de piques qui menace de les écrabouiller... Encore une fois, quel comportement intuitif adoptent les ros ? Au lieu de se jeter sur les côtés, ils courent tout droit, dans le sens de la pente, s'imaginant certainement que la boule aurait soudain envie de prendre un virage ou de remonter d'elle-même...

D : Les murs : Les héros doivent s'enfuir d'une pièce dont les murs ont une fâcheuse tendance à s'attirer mutuellement... Ils courent, ils courent, les premiers passent, puis les avant-derniers, mais le dernier, qui est bien sûr le personnage principal, semble perdu. Il se met de profil et continue en pas chassés. La sortie est encore à plusieurs mètres. Déjà, la barre de chocolat qui se trouve dans la poche arrière de son pantalon est écrasée dans un atroce hurlement de douleur. Mais par un prodigieux saut en longueur accompag d'un cri de guerre, le héros se jette en avant, et les murs se referment à 1mm de son pied... Mais réfléchissons de manière rationnelle : pourquoi toujours 1mm ? N'aurait-il pas été plus héroïque d'y laisser ne serai-ce qu'un bout de semelle ?

Lul
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# Posté le vendredi 19 mai 2006 09:13

Plan 9 from outer space

Plan 9 from outer space
Suit à la demande de certains, mes collaborateurs et moi (enfin, moi) avons décidé de nous lancer dans le filon de la critique de film... Mais attention ! Ne paniquez pas ! Ce ne serait pas n'importe quels films. Ce serait des films en harmonie avec le thème de notre skyblog. C'est-à-dire des films à clichés... Je tiens cependant à vous prévenir : pour ce qui est de moi, je ne saurait jamais faire de critique pertinente ni sérieuse (voilà d'ailleurs pourquoi j'ai créé un skyblog sur les clichés de films et non sur les films à proprement parler, hé !)... Commençons donc avec le cultissime « Plan 9 from outer space », d'Ed Wood :

Réputé comme
le plus nul de tous les temps, et c'est peu de le dire. Aussi, chers lecteurs, je vous recommande de voir ce film seulement si vous êtes, comme nous, des amateurs de clichés, ou si vous voulez vous payer de bons fou rires. Parce que si c'est dans le but de voir une perle rare du cinéma, vous vous fourrez le doigt dans le ... ! Voyez plutôt cette synopsis qui en dit très long du fait qu'elle est très courte :

Des extr
aterrestres veulent détruire la race humaine (voilà déjà une innovation). Pour cela... ils vont créer des zombies... Quel rapport ? Euh... tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il doit certainement y en avoir un. Imaginez vous maintenant le nombre de possibilités qu'offrent ces deux phrases dans le domaine du navet, du nanar, de la daube, de la série B et Z, etc... Une infinité !

Parlons donc des clichés. Tout y est : la femme en détresse qui hurle, s'évanouit, sert le thé, les zombies qui ne courent pas, mais qui arrivent quand même à faire des victimes qui ont pourtant un champ de fuite d'au moins 180° derrière eux, l'Etat-Major, les déguisements futuresques en papier alu, le héros beau gosse et gentleman, le pistolet (ou même le pistolaser) qui s'enraye, les humains tous plus chrétiens les uns que les autres... les extraterrestres aussi ! Si si ! Et j'en passe et des meilleures !

Mais « Plan
9 », c'est aussi des erreurs : les objets ou les gens qui se téléportent d'un plan à l'autre, les soucoupes volantes dont on voit le fil de nylon, les décors en carton pâte qui menacent de s'effondrer à tout moment. Ne vous étonnez pas si après une coupure, on passe du jour à la nuit, de la nuit au jour, jour, nuit, nuit, jour, etc... Et, cerise sur le gâteau : l'acteur tenant le rôle principal étant mort au milieu du film, le héros gardera ensuite étrangement la main devant son visage pendant toute la seconde moitié de l'histoire !

En c
onclusion, « Plan 9 from outer space » et l'incarnation parfaite du pire que l'on peut attendre du genre sci-fi. A voir absolument si on veut se foutre de la gueule des « artistes ». Merci, Ed ! Allez, puisque tous les autres blog de critiques ciné le font, mettons une note :
0/20

Lulu
# Posté le dimanche 21 mai 2006 15:26

L'Etat-Major

L'Etat-Major
Le héros, le héros, décidément, y'en a que pour lui ! Certes, c'est lui qui fait toutes les galipettes, mais tout le monde sait aussi qu'il n'a jamais à réfléchir. Alors, comment ce fait-il que notre ami viril et stupide soit toujours au bon moment au bon endroit pour mener à bien sa mission, sachant parfaitement ce qu'il doit faire et étant équipé de la toute dernière technologie de la NASA ? Hein ? Hein ? Ben ça, c'est grâce à l'Etat-Major, toujours là pour le soutien des troupes :

Nom : Toujours accompagné d'un titre de fonction prestigieux, comme Colonel Campbell, Sergent Johnson, Major Bob, Captain O'Neal (chouettes initiales), Compte De Laviolette, ou carrément Mister Président.

Surnom : Etat-Major lui va toujours très bien, mais ça peut aussi parfois être un certain Q... Mais évitons les grossièretés.

Physique : Il est vieux, mais reste toujours droit et raide comme un portemanteau. Il a des rides, mais là où il faut, pour accentuer son visage dur et ferme. Un regard tout aussi solide et vif, impossible à soutenir. Peut-être aussi des cicatrices, même si on ne voit pas grande partie de son corps (la légende raconte que l'Etat-Major serait en fait un ancien héros à la retraite).

Style vestimentaire : Il n'oserait jamais quitter son uniforme ou son costume-cravate, qui ont certainement dû depuis le temps fusionner avec sa peau...

Mental : De fer ! Un esprit infaillible, c'est là qu'on se rend compte qu'on a vraiment besoin de lui dans un film, autrement le héros se retrouverait tout con à demander son chemin aux passants, avec comme seul équipement son caleçon (et encore). L'Etat-Major est aussi un grand stratège, politicien et négociateur. En résumé, c'est une tête accrochée à un sapin de noël.

Situation sociale : Non merci, sans façon. Même si l'Etat-Major est quelqu'un d'honnête et de cultivé, bourré de mérites, il préfère largement son boulot, ses devoirs et sa patrie aux êtres humains (ce depuis que feu sa femme est morte brûlée dans un incendie déclenché par les communistes). Plutôt que d'accepter les compliments qu'on lui fait, il trouve plus amusant d'engueuler son prochain. Engueuler, c'est sa passion. Et puis il engueule n'importe qui, même le méchant, quand il l'a au téléphone pour les négociations ! On raconte même qu'une fois il l'a traité de « petit con eunuque et boutonneux », et que le méchant est parti en pleurant, inconsolable, même par la femme fatale.

Passe-temps favoris : Hurler des ordres, soupirer devant le portrait de feu sa femme, se placer devant une fenêtre en disant à voix basse « pourvu qu'ils réussissent » (on a jamais su qu'est-ce qui lui prenait), se promener dans les couloirs de la Maison Blanche, engueuler les scientifiques et les ingénieurs-informaticiens, engueuler le héros, engueuler le méchant, et, hobby préféré, distribuer ses fameuses médailles d'honneur tricotées main.

Horoscope : On ne sait trop comment, l'Etat-Major sera le premier à être au courant que la Terre est menacée par la destruction totale, pire encore, par le communisme ! Aussitôt, il téléphonera au méchant qu'il connaît bien du fait qu'il n'en est pas à sa première connerie, l'engueulera, puis appellera ensuite le héros (à 3 heures du mat') pour lui proposer de venir sauver le monde. Après avoir raccroché, il n'aura plus qu'à lui envoyer un mail autodestructible lui racontant sa mission ainsi qu'un colis contenant son équipement, et à se tourner les pouces dans la Maison Blanche en attendant que le film soit finit. Tuant tant bien que mal le temps en regardant sa fenêtre ou la photo à moitié cramée de sa femme et en engueulant les malheureux qui se trouveront sur son chemin, il arrivera à l'heure pour son moment préféré de l'histoire : la remise des médailles d'honneur ! Tout heureux, il sortira dans le jardin en emportant avec lui sa grande bassine contenant toutes ses médailles d'honneur qu'il avait préparé à l'avance, et en recouvrera intégralement héros, second rôle, femme en détresse, black de service et tous les autres qui pourraient être présents à ce moment là. Hé bé pépé y se casse pas trop la pipe, hein !


Lulu
# Posté le mercredi 24 mai 2006 17:01

Le tueur à gages

Le tueur à gages
Il est fort, il est beau, il sent bon le sable chaud... Vous ne le reconnaissez pas ? Le mercenaire ! Le tueur à gage qui a eu une enfance difficile avec un père et une mère membres des Village People, qui a commencé à se débrouiller à l'age de 8 ans et demi (après avoir éventré papa et maman dans une chasse à l'homme organisée avec les copains), en vivant de petits boulots pas très nets... Le genre d'enfance qu'on se dit « ça, ça n'existe qu'au cinéma ! ».
Celui qui étripe
de sang froid un petit gangster qui, remit dans le droit chemin, devient un témoin gênant, sa copine, sa fille, son fils, son chien et son poisson rouge.
Lorsque le tueur à g
age (ou assassin de l'ombre, encore plus classe ) est le héros, on s'y attache, on a envie de lui faire des câlins (surtout que c'est un de ces acteurs charismatiques qui ont un fan club à peu près égal à la totalité de la population européenne), on lui pardonne de découper à la hache les membres du témoin, et d'arracher les yeux de son bébé de trois mois à la petite cuillère. Bref, un enseignement moral comme on aimerait en voir plus souvent.

Nom : Enrique Martinez, Bixente Dipontani, Edward Van Halen, Ivan Podskotivinietszchietovitch Vodka ou des noms plus subtils : Mister Killer, Terminadevastator...
Surnom : Le tueur à gage, L'assassin de l'ombre, le mercenaire ...
Physique : Une classe affolante, une stature imposante, un beau corps musclé, et un regard froid, sans pitié. Presque aussi beau que le héros, mais plus classe...
Style vestimentaire : Le vrai tueur à gage qui se fait engager par les meilleurs est toujours bien sapé, bien coiffé, avec une barbe de trois jours genre « cool mais classe » soignée.
Mental : Un mental d'acier, cultivé, avec un esprit torturé par des questions existentielle, Bach, Tchaïcovski, et un tout petit peu d'héroïne sur les bords. Un amour profond du travail bien fait.
Métier : Tueur à gage.
Vie sociale : On ne sait rien de sa vie en dehors du boulot, c'est peut-être ce gars que vous croisez tout les dimanche à la messe ou tous les matins à la station service (demandez-lui) !
Passes-temps favoris : Aucune distraction pendant le service, d'ailleurs son hobby c'est son boulot. Pour une fois qu'y en a un qui fait ce qu'il aime, on va pas lui reprocher.
Horoscope : Le tueur à gage va être appelé à trois heures du mat' par la mafia ou la triade, et ils devra partir sur le champ zigouiller une vingtaine de joyeux lurons s'il veut rentrer à temps pour prendre le petit-dèj' à la maison. Sur son chemin il rencontrera quelques amis du héros, auxquels il écrasera volontiers les doigts de pied à la tenaille, après leur avoir joyeusement arraché les yeux. Ce jeu innocent irritera quelque peu le héros qui le ramènera chez lui pour le petit-déjeuner dans un paquet de céréales.

J.B.
# Posté le mercredi 24 mai 2006 17:15

Hi-Tech

Hi-Tech
Proche de l'ingénieur-informaticien, le scientifique est assez souvent méprisé par le héros, mais c'est pourtant en grande partie grâce à lui qu'il se sortira des situations les plus périlleuses... On l'entrevoit en début de film, donnant toutes sortes de gadgets au héros pour qu'il réussisse sa mission :

- Sa voiture ! Bolide tout droit sorti des usines de l'une des marques les plus prestigieuses de la planète, genre Asto* Mart*n, Fer*ari, Po*sche, D*dge, Merc*des, B*W, Rol*s R*yce, Ben*ley, Jag*ar, M*, Chev*olet, Ma*erati, Lamborg*ini... (merci au responsable de la censure), mais en mieux, capable de rattraper un avion de chasse à Mach 4, de faire la discute, de se conduire toute seule, à distance, avec une main, un doigt, un pied ou les oreilles, d'atterrir en douceur après 8 minutes de chute libre, de faire la tambouille et de vous engueuler quand vous rentrez trop tard le soir.
Ces voitures sont équipées pour cela de gadgets tous plus époustoussiasmants les uns que les autres, défiants souvent les lois de la physique (et de la mécanique, où les ingénieurs du MI-6 trouvent-ils la place de caser 18 têtes nucléaires dans une voiture ?) qui vont de l'épluche carotte à triple tête rotative au dernier lanceur-téléporteur de vaches de la NASA.
- L'émetteur indétectable, La montre-brouilleuse-radar-rayon-laser-frigo-relais-sattelite, le pistolet-silencieux-endormeur d'éléphants, le carton dans lequel se cacher (ingénieux, fait la fierté du scientifique), le journal à trous, le déguisement (voir l'article « « Incognito » pour plus d'infos).
- Le portable-lance-flamme, capable même d'appeler le 18, qui à lui seul vaut toutes les armes de l'armée américaine, ogive nucléaire, appareil photo, caméra, mitrailleuse automatique rotative...
- Le costume trois pièces qui dit maman.
- La gomina craignos des années 50, toujours pas développée depuis, mais toujours aussi furieusement efficace pour appâter la femme en détresse ou la femme fatale.
- Le répertoire des remarques pourries à l'anglaise.

Des gadgets auxquels le héros, dans une ingéniosité toute McGiveresque, finira par trouver une utilité (avouez que pour une fois on ne pourra pas lui reprocher d'être con), et sans lesquels il ne pourrait pas mettre sa raclée au vilain pas beau qui pue.
Quel rôle ingrat pour le pauvre scientifique, qui, pour que le héros puisse sauver le monde, doit s'enfermer 24h/24 dans un labo rempli de ses semblables, alors que l'autre prend du bon temps avec les femmes aux capacités pulmonaires les plus impressionnantes de la planète.


J.B.
# Posté le mercredi 24 mai 2006 17:46
Modifié le jeudi 08 juin 2006 08:53