La pluie

La pluie
Que ce soit dans un film de guerre interdit en salle au moins de 75 ans, l'histoire romantique d'un amour impossible entre un pingouin aveugle et une baleine sicilienne, ou plus simplement un drame mental traitant de la dérive des continents et son impact psychologique sur les tribus pygmées, impossible d'y couper, en été ou en hiver, au Sahara ou au pôle nord : la pluie !

Mais ça n'est jamais le petit orage rafraîchissant d'une chaude soirée d'été, ni la légère bruine d'automne, mais bien un véritable déluge digne des plus belles années de la mousson en Inde.
Une pluie capable de tremper intégralement en un dix milliardième de seconde les vêtements du beau héros, profitant de cette occasion pour exhiber le résultats de 3 ans de musculation intensive et de nourriture saine aux bonnes protéines en poudre, de même pour la belle femme en détresse/héroïne/femme fatale/méchant/novice mettant bien en avant ses atouts typiquements hollywoodiens.

La pluie hollywoodienne a de plus la décence de ne jamais montrer le bout de son nez pendant une scène de joie intense. Elle sait que son usage est réservé au moment du combat final, de la bataille décisive ou du gros râteau.

Mais le plus impressionnant avec cette pluie, c'est qu'elle est issue de nuages fantômes, capables de se former en moins d'une seconde, alors que l'on est sous des latitudes pour le moins arides, et même si sur les grands angles, juste avant, qui servaient à couvrir les manques d'inspiration du scénariste, on pouvait admirer le magnifique ciel hollywoodien. Et cette pluie est soudaine, instantanée, pour pouvoir surprendre les protagonistes, elle ne pend pas au nez comme la goutte d'un rhume de décembre. Il n'est pas possible aux madames Irma en tous genres de prévoir cette averse, c'est comme un paquet surprise, qui prévient en même temps le héros dune éventuelle attaque du vilain pas beau.




J.B

# Posté le mercredi 22 mars 2006 11:43

Modifié le samedi 07 juillet 2007 03:08

Surtout, c'est pas ce que tu crois

Surtout, c'est pas ce que tu crois
Très tard dans la nuit, un orage digne de « The day after tomorrow » fait battre les volets de la salle à manger. Tout à coup, un éclair fend le ciel et illumine un peu la pièce. On peut voir les restes d'un bon repas sur la table quittée à la hâte, et une femme au fond de la pièce, qui avance à pas de loup vers la porte de la chambre, de laquelle sort des bruits d'animaux et une faible lueur.

Ce n'e
st rien, vous avez pris l'histoire en route et vous croyez tomber sur un film d'horreur. Que nenni, c'est une codie, et voilà ce qui va se passer :
La femm
e va mettre la main sur la poignée de la porte, commencer à l'ouvrir tout en disant à voix haute :
« Ché
ri ! Je suis rentrée plus tôt que prévu ! Tu peux ... »
Et là, elle est stoppée net par la vue de son mari et d'une plantureuse blonde tout droit sortie du tournage de « Les infirmières, le docteur, le taureau et Rocco » qui craquent et suintent et soufflent et suent dans des positions fort peu catholiques. Et, faisant appel à toute son intelligence, le mari sort l'alibi suivant :
« Surtout, c'est pas ce que tu crois ! »

Ce
lle-là, c'est la plus classique, mais il en existe bien d'autres, rusées, subtiles, admirables. Aussi, nous allons proposer quelques répliques de substitution :

La rationnelle: « Je t'assure, c'est rien comparé à toi... »
La logique: « Mais ma chérie, si je vais voir ailleurs, c'est pour m'assurer que c'est bien toi la meilleure »
La compliquée: « Mais mon poussin, si je suis toujours avec toi, c'est bien la preuve que toi et moi... C'est bien plus qu'une histoire de cul... »
La sportive: « Mais, mon trésor, c'était juste pour garder la forme »
La scientifique: « Mais mon chou, je suis un mâle, c'est mon instinct de reproducteur »
La chevaleresque: « Mais mon ange, c'est pour te faire honneur »
La modeste: « Mais enfin mon amour, ça commençait à faire lourd, et tu sais bien que je sais rien faire de mes mains... »
La "new age": « Je te trouve un petit peu rétro sur ce coup là »
L'innocente (en regardant la brune d'un air surpris) : « Oh ! Mais que faites vous là ? »
La dure mais juste: « Au lieu de beugler tu ferais peut-être mieux de regarder comment elle fait »
La fuyante: « Ah bon ? Et c'était bien ton voyage à New York ? »
L'accusatrice: « T'es quand même qu'une sale égoïste, tu veux même pas partager ton homme... Et dieu sait que les mecs comme moi se font rares »
La polie: « Sarah je te présente Lola ; Lola, Sarah »
L'héroïque: « Oh non mais cette pauvre femme s'est faite renverser par une voiture, et je l'ai remontée pour la ranimer. Ca a plutôt bien marché... »
La spirituelle: « Dieu l'a voulu ainsi »
L'objective: « Ben j'ai trouvé cette femme allongée sur le lit, entièrement nue, et en sortant j'ai glissé sur une peau de banane, mes vêtements ont été arraché par les poignés de l'armoire et je lui suis tombé dessus. L'accident bête quoi... »

JB & Lulu

# Posté le samedi 25 mars 2006 05:33

Modifié le mardi 26 juin 2007 05:00

Les voitures à 25 vitesses

Les voitures à 25 vitesses
Vroum! Vroum! Au centre ville, en heure de pointe, au milieu de l'autoroute, à contre-sens, le hors-la-loi, qui est aussi le héros à mi-temps, slalome entre les voitures civiles alors que ses poursuivants se les ramassent une à une sur le pare-brise. A ce stade-là, le héros en est à la cinquième vitesse (il roule prudement). Une voiture de patrouille vient soudain rayer son beau pare-choc chromé. Ne se sentant plus de rage, le héros amorce un demi-tour qui le fait même pas ralentir, allume à fond la trentaine de phares qui sont répartis sur l'avant de la carosserie et éblouit le gros flic à l'intérieur qui perd le contrôle de son véhicule. Le héros se remet droit et passe la sixième (là encore, c'est possible, les voitures à six vitesses existent). On entend bien le "cric-crac mééééééémmmm"signifiant un passage de vitesse.

Un hélic
o embarquant une grosse sulfateuse vient voler devant le bolide, et est sur le point de tirer. Le héros ne fait ni une ni deux, il passe à la dixième vitesse (ca commence à devenir bizarre) "cric-crac-cric-crac-cric-crac-cric-crac méééééééééémmmm" et profite d'un nid de poule pour faire un vol plané de plusieurs mètres de haut, tout en ouvrant sa vitre. Passant à hauteur de l'hélico, il sort son pistolet et tire dans le pot d'échappement. L'objet volant explose, et le souffle pousse encore plus vers l'avant la voiture. Le héros anticipe l'aterrissage et passe à la quinzième vitesse! "Cric-crac-cric-crac-cric-crac-cric-crac-cric-crac méééééééééémmmmm!!!"

Oh non!
Deux camions arrivent, collés l'un contre l'autre, dans le sens inverse! Les chauffeurs sont tranquillement en train de faire une partie de cartes. Heureusement, il y a juste avant une grand-mère à vélo. Le héros réfléchit vite et passe à la 19ème vitesse! "Cric-crac-cric-crac-cric-crac-cric-crac- méééééééééémmmm"!!!
No
us faisont ici une pause informative que nous estimons nécessaire: il faut savoir que la grand-mère, lorsqu'elle est bien faite, est constituée d'une matière ferme mais caoutchouteuse, permettant ainsi d'amortir la plupart des chocs, ou pouvant encore servir comme suit:
Le
héros fonce à toute allure sur la grand-mère, rebondit dessus, décolle et passe par dessus les cammioneurs, remarquant ainsi que l'un d'entre eux a une paire de rois. Il aterrit, et passe à la... 24ème vitesse! "Cric-crac-cric (enfin vous savez, quoi) méééééémmmm!!!"

Nou
s arrivons à la cascade finale: Le héros est presque encerclé par la police, et en face, un pont-levis d'une vingtaine de mètres de haut se soulève. Le héros n'a plus le choix... le temps ralentit, un filet de sueur coule sur son front. Sa main fébrile approche d'un couvercle secret qu'il soulève. En dessous, il y a un classique gros boton rouge, avec marqué... vitesse 25!!! Le héros sait que c'est dangeureux, et que par ce procédé il risque de dépacer la déjà très lointaine limite de l'abérrance cinématographique, mais, résolu, il appuie. Mééééééééémmmmm!!!!! La voiture cabre, se rue sur le pont déjà placé à la verticale, et, dans un ralenti magnifique, toute envellopée de flammes, s'envole vers la lune pour toujours...

Moralité de
cette histoire: il n'y a d'excès que dans l'excès.



Lulu

# Posté le samedi 25 mars 2006 13:00

Modifié le mardi 26 juin 2007 05:00

Le duel

Le duel
Un western sans duel, c'est comme... une choucroute garnie sans saucisse. On pourrait même introduire dans la définition officielle de ce genre de cinéma qu'un western est un film qui termine par un duel. Le duel est épique/tragique/dramatique/pittoresque et surtout très long. Il oppose étrangement le méchant au gentil pour un réglement de comptes final, dans un lieu désertique ou du moins déserté pour l'occasion, souvent dans l'unique ruelle poussiéreuse d'une ville paumée au beau milieu de nulle part, frappée par un soleil éclatant. Les deux protagonistes se font face d'un bout à l'autre, jambes écartées, se regardant droit dans les yeux...
-Tu
es cuit, Jhonny the Kid!

La réplique
résonne dans le vent... A ce momen précis, une boule de buisson traverse la rue en roulant (nous reviendrons peut-être sur la raison d'être des boules de buisson dans les western)... Des corbeaux croassent, croassent, croassent... Le méchant fait galoper ses doigts tout près de son revolver, démontrant que ses articulations sont bien huilées.
-C'est ce que tu crois, Billy the Boy!

Le
gentil a mis très exactement 3 minutes et 27 secondes à construire une phrase complète pour répondre à la réplique incisive de son adversaire, et 14 secondes de plus pour l'articuler... Un vieux panneau avec marqué "Saloon chez la vieille danseuse borgne" grince, balancé par le vent. Non loin de là, le petit croque-mort verdâtre est en train de creuser consciencieusement une tombe...
-T
u fais pas le poids, Jhonny the Big!

Une
goutte de sueur coule très exactement le long de l'arrête extérieure de l'orbite droit du héros (faut dire, si ca lui coulait le long du nez pour pendre au bout, il aurait l'air con). Soudain, jaillissant du plus profond des entrailles d'un vieil et honorable mexicain endormi sur une chaise, une vibrante éructation parfumée à la tequila claque dans l'air... C'est à ce moment que le héros a un flash back...

Il se rappelle du
rant sa jeunesse candide, le massacre de ses parents, grands parents, chiens et poissons rouges sous ses yeux ébobits. Le méchant les avait uns à uns remplis de plomb, recouverts de pétrôle, incendiés, coupés en morceux, enterrés sous le sable, et ils servent encore aujourd'hui à faire pousser des tomates et des poivrons verts.
Subitement, on sor
t du flash back, les deux personnages remuent pour la première fois, ils y a une détonation, et tout redevient calme. On voit les hommes toujours debout, se braquant avec leur pistolet, ne bronchant plus. On se dit "ils visent comme des pieds", mais alors, petit à petit, le méchant change d'expression, et prend celle d'un trisomique constipé et maniaco-dépressif. Il tombe à genoux, puis face contre terre, puis meurt.

Y'avait franc
hement pas de quoi en faire tout un fromage!



Lulu

# Posté le mercredi 29 mars 2006 04:37

Modifié le mardi 26 juin 2007 05:00

Je ne sens plus mes jambes!

Je ne sens plus mes jambes!
Moment des plus tragiques, la mort du rôle secondaire apporte un peu d'émotion à un film bourrin. Un rôle secondaire prendra toujours une balle dans le ventre mais se démmerdera pour avoir le visage couvert de sang. C'est régulièrement après un sacrifice héroique que le role secondaire tombera foudroyé par une balle du grand méchant, normalement destinée au héros. Le vilain pas beau, après un "bordel de merde" bien placé, quittera rapidement le lieu du crime en préparant sa revanche, dès qu'il aura trouvé une autre balle. A ce moment là, notre héros complètement attéré se penchera sur le cadavre encore sanglant de son ami en lui disant:
"-Johny
(marche aussi avec Bobby , Jimmy etc-etc), mon vieux Johny!
-A
ïaïouille, j'ai mal!
-T'inquiète pas, vieux, j'vais te sortir de là (dit il sans trop y croire)!
-Raaaaa
arg, je ne sens plus mes jambes!
-J'vais t
e faire soigner tu verra!
-Je,
j'ai froid, Jack...Voilà la nuit, la nuit qui vient...Aeuah."
A ce moment la, notre rôle secondaire décédé tire une tronche à faire cailler les yaourts, yeux grand ouverts et langue dehors. Notre héros passe alors lentement la main sur son visage et voila t'y pas que notre cadavre avec une tête d'abruti se retrouve normal, yeux fermés, air serein, maquillé, bien coiffé et déjà prêt pour un enterrement bien réussi... La classe quoi..

Jérem'

# Posté le mercredi 29 mars 2006 06:56

Modifié le jeudi 08 juin 2006 08:54